Le cran est indéniablement – avec l’épaule et la ligne du revers – l’un des enjeux stylistiques majeur d’une veste. On commence à s’y intéresser assez naturellement lorsque l’on franchit les portes d’une mesure, que ce soit demie ou grande.

Alors certes, au départ, on se concentre simplement sur la largeur et on commence à pinailler quand on se réalise que oui, un centimètre peut avoir un réel impact sur l’allure d’une veste.

C’est justement la personnalisation que vous propose la plupart des demi-mesures : vous choisissez un type de revers, puis sa largeur. On reste donc tributaire du patronage d’un cran, et notamment sa hauteur et son inclinaison, deux éléments qui sont marqueurs de leur époque de fabrication.

Une de mes premières vestes Ardentes Clipei, avec un cran sport « moderne » donc haut et orienté vers le haut.

Notre décennie est ici représentée par des crans placés très haut sur la poitrine et orientés vers le haut, là où, par exemple, les années 90’s étaient dominées par d’affreux revers placés bas et orientés vers le bas.

Seulement voilà, la plupart du temps on vous refusera une telle modification. La raison est compréhensible : la modification n’ayant pas été prévue, il faut un nouveau patron, ce que les ateliers n’hésitent pas à facturer des sommes importantes aux vendeurs de demi-mesures.

Quant à la grande mesure, la question est différente, puisque le tailleur n’aura certes, aucune limitation technique des ateliers susmentionnés, mais il disposera d’un vrai style maison, et il me semble absurde d’aller demander à un artisan surqualifié autre chose que ce qu’il maîtrise.

Heureusement, certaines maisons de demi-mesures essayent de développer leurs propres patronages. Cela reste rare, mais il s’agit généralement d’un signe encourageant : la demi-mesure essaye de se développer une identité propre et de subvenir aux besoins de ceux qui reste une minorité de clients.

Rien de révolutionnaire, mais j’aime ce cran placé plus bas.

Or, justement, en 2018, je commençais à me lasser de ces crans très hauts. Sur un cran sport, cela peut être joli, mais sur un cran en pointe, lorsque celle-ci se décolle de la poitrine, c’est hideux. Quelques exemples vus sur des pièces bespoke me donnaient des envies de changement. Je commençais à apprécier des positions intermédiaires. Vous le savez, je ne crois pas en un style intemporel, mais je pense que l’on peut tenter d’atténuer les excès d’une époque.

La demi-mesure que j’utilise en ce moment, Ardentes Clipei, fait partie de ces mesures qui acceptent de modifier ses crans. Romain, le fondateur, a suivi une vraie formation tailleur, ce qui aide. Mon souhait rencontrait l’une de ses envies, et après quelques échanges, on est arrivé à un prototype de cran sport qui nous satisfaisait.

Les expérimentations d’Ardentes Clipei sur le cran qu’ils nomment Florentin.

Depuis, toutes mes vestes ont ce type de cran. J’ai fait quelques essais pour un cran en pointe, pour l’instant infructueux. Pour une raison que j’ignore, l’atelier ne comprend pas que je souhaite un cran placé plus bas sur la poitrine, et se contente de modifier l’inclinaison de la pointe !

Bon, OK, c’est du pinaillage.

Qu’importe. Parfois il ne faut pas se poser trop de questions et ne pas remettre en cause les options disponibles. Je suis heureux d’avoir un cran sport qui me plaise, on aura le temps de pousser la personnalisation de la pique !

Sur ce.

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